La petite commune de Hinx est plutôt connue pour ses arènes où de nombreux spectacles pigmentent régulièrement le quotidien des habitants de cette petite bourgade perdue dans le fin fond des Landes à quelques kilomètres de Dax.

Mais en ce samedi 25 juillet 2020, c’est le parvis de l’église qui a été le théâtre d’un incroyable événement ! Deux équipes s’étaient effectivement données rendez-vous pour une partie de pétanque qui n’a rien eu a envier aux spectaculaires « courses à la vachette » qui animent les alentours.

La Team Betbedat-Bréard, animée des meilleures intentions sportives, réputée pour son fairplay légendaire, défiait ce soir-là la team Pin-Frugier plus connue pour ses soucis avec la fédération française de pétanque que pour ses exploits sportifs. Jean-Sébastien Frugier, surnommé le crocodile dans le milieu (petites pattes et grande gueule) et son compère Stéphane Pin, ont bien apporté la preuve que toutes les rumeurs ne sont pas toujours infondées.

Hélas, le beau jeu et le bon état d’esprit n’ont pas été récompensés. C’est au contraire la sournoiserie et le non-respect des fondamentaux de ce jeu, qui devrait pourtant garder ses valeurs amicales, qui l’ont emporté lors de cette rencontre.

La team Pin-Frugier remportait cependant une première manche bien méritée. Jean-Sébastien Frugier, visiblement très chanceux ce jour-là, plaçait quelques boules qui ont déstabilisé le tireur adverse Vincent Betbedat. De son côté, Le tireur Stéphane Pin ne cessait d’implorer les dieux, très présents autour de ce lieu de culte, pour que ces tirs fassent mouche. Aveu de faiblesse ou simple croyance irraisonnée ? Toujours est-il que les Saints semblent avoir entendu sa demande ce jour-là puisque sa réussite au tir fut telle que la team Betbedat-Bréard a longtemps cru qu’il s’agissait là d’un miracle, mais que cela ne pouvait pas durer.

L’église de Hinx

Effectivement, toutes les belles choses ont une fin ! Défaite lors de la première manche, la team Betbedat-Bréard allait relever la tête et ce dès le début du deuxième acte. Les deux compères n’allaient plus rien laisser passer et faire fi de la réussite qui avait animée leur adversaire lors de la première partie. Des boules placées au cordeau et des tirs forts bien ajustés allaient permettre à Vincent Betbedat et Stéphane Bréard de se détacher largement pour mener 11-0 ! Enfin, se disait-on dans le public, les dieux des boules ont fait leur boulot !

Mais c’est à ce moment que l’incroyable se produisit… Comme à son habitude, l’équipe Pin-Frugier allait réagir en utilisant des artifices qui n’ont pas lieu d’être sur un terrain de pétanque. Des lancers de cochonnets complètements irréguliers, des changements de terrain incompréhensibles… et que dire des commentaires n’ayant pour seul et unique but que de déstabiliser leurs adversaires du soir.

A ce jeu là, la team Betbédat-Bréard, peu enclin à lutter sur ce terrain, perdait totalement pied et se voyait rattraper de façon assez surréaliste !

Et pourtant, au prix d’un dernier effort, Vincent Betbedat plaçait une dernière boule qui redonnait espoir à son équipe. Stéphane Pin, perdait alors de son allant et comme on dit dans le milieu, se trouait par deux fois. Restait alors une boule à Jean-Sébastien Frugier pour sauver la face de son équipe et déloger cette dernière boule synonyme de victoire pour l’équipe adverse. Il allait devoir réaliser le premier tir de sa carrière !

Tremblant de partout, dégoulinant de sueur, ayant étonnamment perdu l’usage de la parole, Jean-Sébastien lançait enfin cette dernière boule. La trajectoire du tir dessinait une courbe dans le ciel sous laquelle son co-équipier semblait se décomposer.

Mais quelques instants plus tard, un bruit assourdissant de ferrailles s’entrechoquant  déchirait le ciel Hinxois. Le miracle avait eu lieu. Les jolies boules de la paire Betbédat-Bréard laisser la place aux boules viciées de la paire Pin-Frugier pour une victoire 13-12 dans cette deuxième manche.

Non contents d’avoir vaincu, les deux héros du jour allaient célébrer cette victoire que bien d’autres auraient préférer taire et cela pendant d’interminables heures . Certes, les boules continueront de tourner, et malheureusement pas toujours dans le bon sens, mais ce 25 juillet fera date dans le monde de la pétanque.

Le arènes de Hinx